Le confinement partie 1

On pense souvent que tout est acquis et puis il suffit d'une seconde, d'une minute et parfois le changement s'opère sur plusieurs semaines sans que l'on le remarque ...

La tête un peu dans le guidon on ne voit pas les changements qui s'opèrent ...Pourtant ce satané virus n'est pas arrivé du jour au lendemain, il a eu le temps de s'installer, de faire un peu parler du lui puis tout d'un coup c'était devenu LE sujet près de la machine à café.


Pourtant moi, je ne l'ai pas vu, je me lève à 6h30 du matin j'enchaîne avec la préparation d'Ella et Gabriel, tout ca en arrivant à m'habiller juste 5 minutes avant le départ, histoire de ne pas me tâcher ...la difficile balance entre je veux rester la petite nana que j'étais et je suis , pardon j'essayes, d'être une maman responsable, j'ai bien dit j'essayes parce que la plupart du temps c'est Gabriel qui me rappel ce que je dois prendre ou signer. honte à moi!


Bref, tout ca pour dire que le matin je n'ai ni le temps de regarder la TV, j'ai pris le parti de pouvoir au moins me sécher les cheveux et je n'ai pas le temps d'écouter la radio tout simplement parce qu'il y a 5 minutes de trajet entre chez moi et l'école donc c'est à peine si j'entends la météo !


Et puis à la boutique ca papote, ca discute, ca se confie et là je commence à entendre que le virus se répand et qu'il pourrait mettre en péril tout un pays.


Je sais que cela est possible puisque j'ai passé quelques années de ma vie à être bénévole à la croix rouge alors on se prépare tout au long de notre vie de secouriste à ce genre d'événement .


Et puis PAF ca arrive et là pour moi du jour au lendemain on m'apprend que je dois fermer pour le bien de tous. OK, si c'est pour le bien de tous .


Officiellement, je fais de grands sourire, et je dis que tout va bien parce que le but ce n'est pas d'emporter les autres dans mon mal , a chacun ses soucis et quand j'ai ouvert la boutique c'était pour offrir, du rêve, du bonheur ou tout simplement un moment de détente.

Pas pour que les habitants de Cormeilles en parisis, écoutent la petite dame de la petite boutique déprimer et se lamenter.


Alors non je montre pas l'envers du décor hors de question et puis depuis le décès de maman dans les coups durs je me dis "rien n'est plus grave que la mort" je me le répète,

je me dis "tes enfants vont bien, tu vas bien ", c'est vrai là est l'essentiel.Mais bon, désolé du terme, ça fait chier.


Mais parfois la cheffe d'entreprise reprend le dessus et une petite voix me dit "mais tu ne pourras plus faire vivre ta famille", "tu vas dépendre des autres "et dans ce cas là j'ai une mini crise de panique puis je regarde droit dans les yeux ce petit satan sur mon épaule et je lui dit que non il n'aura pas le contrôle. Sinon après il n'y a plus de contrôle justement, on divague , on aggrave tout et voit tout en noir sans trouver de solutions.


Le confinement partie 1, la première semaine, j'ai traversé les phases du deuil, j'ai été dans le dénie, tous les matins je m'habillais, me coiffais, comme si de rien n'était .

j'ai fais une téléconférence sur le lit pat patrouille de mon fils mais j'avais une chemise et j'étais maquillée.

Il y a eu la colère aussi, de voir certains ouverts pas forcément essentiel à mes yeux , alors on est en colère contre le gouvernement mais finalement un peu contre tout le monde et contre soi , pourquoi mettre lancer dans un tel projet maintenant?


Puis est enfin venu l'acceptation, cette phase où j'ai enfilé un jogging, j'ai accepté le repos forcé et que finalement cela me permettrais de passer un peu de temps avec les petits puisque je prends quasiment jamais de vacances. Et j'ai finalement trouvé un compromis en gardant mon jogging j'ai continué les livraisons de jeux pour enfants car la demande était là!


Nous étions presque tous confinés avec les petits à occuper sans sortir....

ah finalement on se plaignait du parc , mais on tous vu qu'il y avait pire, que finalement ce maudit terrain de jeux où on s'emmerde un peu, bah en vérité il est vital !

Car sans lui après des semaines de confinement , les enfants ne sont plus fatigués et tu mets en général 1h30 le soir à chaque couché, partagé entre le fait de rester une bonne maman et l'envie d'avoir enfin 5 minutes à toi sans que tu sois obligée de penser à travailler, à ranger ou à penser a ces foutus 3 repas par jour que tu es à présent obligée de faire ...


Je ne sais pas pour vous, j'ai essayé de faire du sport sur mon vélo d'appartement, j'ai enfilé mon casque sur la tête, ce qui signifiait 'ne pas déranger ' mais apparemment la message n'est pas passé car au bout de 10 minutes, je me retrouvais avec gaby sur les genoux et Ella qui me tirait la jambe pour venir avec nous. J'ai abandonné et je me suis promise de réduire les apéros, ce que je n'ai évidemment pas fait puisque j'avais un moral à sauver.


J'ai essayé l'école à la maison, et franchement je me sens mal par rapport aux copines, car après le confinement quand elles te racontent toute combien ça a été difficile mais qu'elles ont fait école et télétravaille tous les jours scrupuleusement, j'ai pas osé dire que moi, en fait, au bout de 2 semaines j'ai abandonné, ok une semaine et demi.

Gaby était en dernière année de maternelle, heureusement, j'ai essayé pendant une semaine de lui apprendre le chiffre 7 en prenant le rôle du gentil flic puis du mauvais mais rien n'a faire, j'ai vu un enfant de 4 ans et demi souffler comme si c'était un ados et incapable de me répéter le chiffre 7 à la fin de la semaine. En fait c'était Ella 2 ans et demi à qui cela profitait ! elle sait à présent compter jusqu'à 11 !


C'est lorsque j'ai lâché prise et compris que je ne ferais jamais carrière dans l'éducation nationale que ça a fonctionné ! on a compter les œufs, les bonbons, les gâteaux, apprendre en s'amusant quoi!


J'ai toutefois reçu un peu d'aide lors de ce confinement, car ma belle mère a rejoint l'équipe, risqué me direz vous?

un peu, parce que que vous vous appréciez ou non lorsqu'on vit en confinement tout prend des proportions incroyables et que là il n'y a plus d'échappatoire !

Mais j'ai une belle maman qui aide beaucoup et qui est assez cool, bon c'est une ancienne instit' donc parfois c'est moins évident mais on aime nos différences, on s'apprécie et on se respecte, c'est un peu comme une seconde maman, tout comme elle parfois elle vous s'exaspère mais on l'aime terriblement!


Et vous comment l'avez vous vécu? qu'est ce qui vous a le plus marqué ?



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